
LA FIÈVRE D'UN DIMANCHE APRÈS-MIDI titre de travail
Une esthétique de la faille, un art de l’échec
A sound, an odor, a variation, a "splash", the end of the body in light, a movement, a dance ... who dances? It's me? It's you? Who are you? What am I?
"Animans" is a game, a delirium, a desire, a fantasy for three, a fantastic trip. We are putting an end to the limits of the real world.
Who is here? When am I? When am I what? Or what else? What is in me?
Is it an Animan?
"Animans" is a story of transformation, mutation, change of self, change of us, scale, precision, vision. Who am I when I abandoned my verticality? What if I give up my way of analyzing life? And what if I give up my language? And what if I surrender to my instincts?
We study animals through the human body, we let ourselves be possessed by their spirit; our understanding becomes animated, our body remains human, we move like animals, we dance like animals, we are animals, we are human ... we become ANIMANS.
Intention
Si nous pensons l'échec profondément lié à nos passions, nous souhaitons le sublimer ; nous regarder comme sujets fragmentés, fêlés ; construire dans l'échec et non pas le mettre en scène ; vivre sa beauté tragique ; exposer un collier de « petits » drames et en rire plutôt qu’en pleurer.
Mis·es à l'épreuve par la complexité d’un protocole, les danseur·euses et le musicien (logés à la même enseigne) ne peuvent pas tricher. Leurs imperfections sont vécues comme des bouleversements, des obstacles aussi fragilisants que fertiles.
Si nous nous intéressons à l’échec, fondamentalement endogène, il nous renvoie aux sentiments de vulnérabilité, de tendresse, de désarroi, de désœuvrement, de solitude, d’épuisement, d’ironie, d’absurde et d’humour non loin de la Fêlure de F. Scott Fitzgerald mais aussi de l’œuvre de Samuel Beckett et de ces personnages qui nous inspirent, notamment Molloy.
À cet égard, nous nous intéressons à des personnages hésitant eux-mêmes entre une appartenance au genre humain, dont ils conservent traces et réflexes, et une part qui ne l’est plus. C’est ici que nous souhaitons travailler avec humour ; un humour qui puise dans la maladresse de ces figures déchues.
Il s’agit pour nous de travailler l’incongru que produit l’écart entre différentes formes d’être ensemble et la profonde difficulté d'y parvenir.
L’humain y est désacralisé, les valeurs et les modèles culturels que nous portons aussi.
Dans La fièvre d’un dimanche après-midi, deux corps se rencontrent sans savoir faire autrement que de vivre leur fragilité dans des situations toujours plus précaires. Elles se retrouvent dans de « grandes » tentatives pour entrer en relation où finit par se poser la question du résiduel : que reste-t-il de l’absurdité de nos relations, des fragilités qui les tiennent et des grandes catastrophes qui les construisent ?
Production: Compagnie Caminante
Co-production: Fédération Wallonie-Bruxelles (BE), Théâtre Marni à Bruxelles (BE), Il Giardino delle Ore (IT), Studio le Regarde du Cygne à Paris (FR), Embassy of Spain in Belgium (ES)
Support: Théâtre Marni (BE), Charleroi DanseCentre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, (BE), LookIN'OUT (BE), Le 140
(BE), Centre Culturel Wolubilis (BE), Résidence d'artistes du Pays des Collines (BE), Studio le Regard du Cygne (FR), Festival ZOA (FR), Festival Signes de Printemps (FR), CCN de Roubaix - Ballet du Nord (FR), Jardin La Terre Pimprenelle (FR), L’Impasse / Cie Greffe (CH), S'ALA - spazio per artist* (IT,), Teatro El Montacargas (ES), Centro Cultural Manuel Entero (ES).
Choreography and dancers: Ana Paula Gusmao, María Montero, Nicola Vacca
Mentoring: Steve Purcell
Choreography assistant : Flore Khoury
Costumes: Sarah Delattre
Sound and light design: Joshua Vanhaverbeke
Scenography: Alesandra Ferreri
Photo, video and edition: Stephen Rusk, Edouard Laloy
Length: Format 50-60'
Le Duo /
L’accordage entre deux corps /
La danse de couple
Pour les deux figures il y a le désir de s’accorder. Mais, fidèles à leur propre corporéité, elles vivent la rencontre avec toutes les difficultés qu’impose leur inadéquation.
La danse à deux est un moment privilégié pour l’observation des diverses façons dont s’opère le jeu de la distance (rapprochement, interpénétration, disjonction) entre les partenaires en interaction et ainsi les espaces entre les corps. Nous souhaitons porter les regards sur ces interstices, goûter à ces espaces négatifs et vibratoires.
Pour les deux figures au plateau il s’agit d’être en état d’accueillir l’autre ; être en mesure de gérer un espace commun et pour ce faire : trouver les bons rapports de poids, de force et d’élan, de distance entre les centres de gravité. Mais l’accordage est une correspondance qui ne s’effectue pas seulement par le réglage matériel des corps et des mouvements entre eux (la technique et les règles de calcul ne suffisent pas) mais par l’échange d’états perceptifs et émotionnels particuliers.
C’est dans l’échec de ces affinités sensorielles fines que se situe notre recherche, dans les ruptures, décrochages et frictions. La nécessaire adéquation n’adviendra jamais, malgré les tentatives d’être ensemble.
Pour cela, nous avons identifié 5 niveaux d’implication physique de plus en plus engageants entre les corps. Ce sont 5 manières d’être en relation que nous allons explorer :
1 – Le toucher (de l’effleurement à la prise)
2 – L’imbrication l’un·e dans l’autre (l’étreinte)
3 – Le partage de poids
4 – Le porté
5 – L’envol

Écriture chorégraphique

Voici deux exemples de situations que nous avons explorés :
1) Se donner du poids par les cous depuis la position allongée jusqu’à être debout.
Ce qui nous intéresse est le chemin parcouru lors duquel L’Étreinte d’Egon Schiele surgira sans s’y attarder.
2) Prises dans un pendule absurde à la pulsation relative car soutenue par le rythme de leurs propres voix, les deux figures vont et viennent l'une vers l'autre. Elles jouent une partition de gestes les faisant passer par les corps des Époux Arnolfini de Van Eyck et du Baiser de Klimt.
Les danseur·euses suivent des partitions physiques et sonores qui leur permettent de se mouvoir, d’amorcer des gestes, des sons, des danses, de communiquer l’un·e avec l’autre. Ces partitions pourraient s’apparenter à un guide du comportement (un étrange manuel du couple parfait ?) afin de suivre un déroulement « sécurisé » menant à un objectif donné. Les figures au plateau suivent ces partitions pour entrer en relation et tenter l’accordage. Comme si les manières acquises et savoir faire ne suffisaient plus, perdus dans différentes couches de mémoires (mémoires passées et « futures »).
C’est une partition qui, dans un jeu absurde de contraintes, guidera les danseur·euses vers des représentations de l’être amoureux ou du couple dans l’histoire de l’art, notamment celles des Époux Arnolfini de Jan Van Eyck, du Baiser de Gustave Klimt, de L’Étreinte (couple d’amoureux II) d’Egon Schiele.
Le rôle de la partition sera ainsi d’induire des situations physiques avec l’objectif de construire ces images. Un procédé que nous allons déterminer par avance en s’appuyant sur ces représentations pour nous intéresser au désaccordage qu’il engendre, au décalage entre la forme émise et le fond tonico-affectif des interprètes impliqués.
Les deux figures sont prises dans ce système qui les amène à se déplacer, passant d’une situation à une autre. Nous pensons à un découpage qui situerait chaque tableau dans des espaces différents du plateau. Les structures se compléteront les unes les autres, elles-mêmes prises dans différents systèmes de contraintes induits par l’absurdité des situations.




